
Histoire de l'orientation universitaire
1929 -> 1939
Les débuts de « l'orientation professionnelle intellectuelle » commencent avec les compagnons de l'Université nouvelle. Après la crise de 1929, la création du Bureau universitaire de statistique, le BUS, premier service d'orientation des étudiants au monde, créé par Alfred Rosier, en 1932, renseigne et documente un petit nombre d'héritiers de bonne famille (5% de la classe d'âge en 1939, c'est-à-dire qu'on délivre 27.000 baccalauréats), préoccupés par le risque du déclassement social.
Vème République ->1984
Avec le prolongement de la scolarité obligatoire et volontaire sous la Vème République, l'ONISEP se substitue aux anciennes fonctions dévolues au BUS en 1970, en élargissant la mission à l'ensemble de la classe d'âge. Les « événements » de mai 68 ont révélé la nécessité d'une véritable orientation des jeunes au sein des universités (Loi E. Faure du 12 novembre 1968, article 1er). Deux ans après les nouvelles procédures d'orientation (NPO, 1973), chaque université française se voit dotée par convention signée, d'une cellule d'information et d'orientation. L'intervention des services d'orientation s'est d'abord fixée sur l'information dans le second degré, les journées d'accueil (tutorat d'accueil), la lutte contre les abandons et les échecs, et plus récemment des actions organisées en vue de faciliter la professionnalisation des études et l'insertion professionnelle. La loi Savary du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur situe les activités d'orientation des étudiants dans le cadre des missions du service public de l'enseignement supérieur (article 5).
Le décret du 6 février 1986
Le décret du 6 février 1986 fournit un cadre réglementé aux services communs universitaires et interuniversitaires d'accueil, d'orientation et d'insertion professionnelle des étudiants. Il précise que la mission s'étend sur l'ensemble du cursus universitaire et s'effectue en liaison avec les enseignants pour le suivi de l'insertion professionnelle.
Mesures F. Bayrou 1997
Les mesures prises par F. Bayrou en 1997, notamment pour la réorientation à l'issue du premier semestre universitaire ont eu un impact très limité (moins de 2 % des étudiants). Pourtant à partir de 1994, certaines universités et leurs partenaires ont expérimenté une éducation aux choix d'orientation dont l'objectif principal est de permettre aux étudiants d'acquérir une démarche de recherche d'informations sur eux-mêmes et leur environnement social (des filières et des débouchés) et de pouvoir les réinvestir dans la construction d'un projet d'études et de carrière, correspondant à un choix de vie personnelle et professionnelle, assumé en connaissance de cause. Une dizaine d'années plus tard, l'européanisation des formations dans le cadre du LMD (Licence-Master-Doctorat) conjugue l'orientation progressive à l'université avec la nécessité d'une meilleure articulation avec l'emploi, d'où les encouragements à la mobilité étudiante, et les incitations à la traduction des programmes en termes de compétences pour améliorer la lisibilité des parcours de formation et l'employabilité des sortants.
F. Danvers